Un entretien avec Léon Guéguen
Bien intentionnée, quelquefois mystique, souvent dogmatique, voire
mystifiante, l'alimentation Bio bénéficie de l'adhésion
plus ou moins étroite d'un certain nombre de consommateurs. Si son
principal avantage est d'avoir promu le respect de l'environnement, elle
ne semble pas dépourvue de risques. Et sur le double plan de son
intérêt nutritionnel et sanitaire, ses bénéfices
ne sont pas établis. Léon Guéguen - Directeur de Recherches
honoraire de l'Inra - dresse ici un bilan précis et sans complaisance
de l'agriculture biologique et de ses perspectives d'avenir.
Nutrinews : Vous avez publié récemment un article intitulé
" Que penser de l'agriculture biologique et des aliments Bio ? ".
Qu'est-ce que l'agriculture biologique et quelles ont été
les grandes étapes de ce mode de production ?
Léon Guéguen : L'agriculture dite biologique en
France, mais appelée ailleurs de façon plus légitime
organique ou écologique, est née en Europe dans les années
1930 sous l'impulsion de mouvements philosophiques ou sociologiques refusant
l'évolution productiviste de l'agriculture et prônant le
retour à des modes de production plus respectueux de l'environnement.
Les méthodes utilisées visent toutes à diminuer,
voire à interdire, l'emploi d'intrants chimiques de synthèse
(engrais, produits phytosanitaires) et à favoriser la rotation
des cultures et le recyclage des déchets de l'exploitation, notamment
sous la forme de compost. Une méthode dite Bio-dynamique a recours
à des théories plus ésotériques basées
sur des prétendues forces vitales et des substances Bio-stimulantes.
En France, l'agriculture biologique (AB) s'est lentement développée
dans les années 1960 sous l'impulsion d'une société
commerciale (Lemaire-Boucher) et d'un mouvement associatif aux pratiques
reposant sur des bases plus rationnelles (Nature et Progrès). L'un
des arguments alors à la mode pour justifier le non recours aux
engrais était la théorie de Kervran sur les transmutations
biologiques entre éléments minéraux dans le sol.
Une algue calcaire fossile, le Lithothamne, étant même vendue
par la société commerciale dans le but déclaré
d'activer de telles transmutations. Profitant d'une conjoncture favorable
(surproduction, crise pétrolière, résistance au productivisme
et à la société de consommation, soucis écologiques),
l'agriculture biologique s'est progressivement organisée dans les
années 1970 et a été reconnue officiellement en 1980,
avec la mise en place de cahiers des charges réglementant la production.
Il existe un règlement CEE depuis 1991, plusieurs fois complété
ou modifié. L'annonce de son assouplissement soulève des
réactions en France, où un règlement plus strict
avait été adopté en 2000. Face à la demande
de consommateurs et dans cette conjoncture socio-économique propice,
le ministère de l'Agriculture et de la Pêche a mis en place
en 1998 un Plan pluriannuel de développement de l'agriculture biologique
et il existe une Agence Bio, dépendant du ministère chargé
de l'agriculture, particulièrement active pour sa promotion.
NN : Sur quelles bases repose l'agriculture biologique aujourd'hui
?
L.G. : L'agriculture biologique a beaucoup évolué
depuis une décennie et la plupart de ses bases théoriques
très contestées ont été abandonnées.
Ainsi, on ne parle plus de la théorie des transmutations biologiques
que j'avais durement critiquée il y a 35 ans en démantelant
les pseudopreuves abondamment publiées par C.L. Kervran dans plusieurs
ouvrages. Cependant, cette théorie connaît des résurgences
dans plusieurs pays et j'entretiens une longue correspondance avec un
Japonais qui écrit un livre sur ce sujet ! La méthode dite
biodynamique invoque toujours les " forces vitales, cosmiques, vibratoires
" et a recours à des préparations curieuses du genre
humus et silice pilée incubées pendant un an sous terre
dans une corne de vache et répandues à doses homéopathiques.
Mais cette méthode est minoritaire en France. Le principe général,
qui demeure dogmatique, est l'interdiction des engrais minéraux
de synthèse, dits chimiques, parce qu'ils sont solubles. En revanche,
des engrais naturels aussi solubles comme le guano, nitrate du Chili,
sont autorisés. Les nitrates de synthèse, fabriqués
à partir de l'azote atmosphérique, sont pourtant incontournables
à long terme, et indispensables pour les plantes autres que les
légumineuses, qui peuvent le fixer directement. D'autres engrais
comme les phosphates purifiés sont interdits, au profit de phosphates
bruts pouvant contenir des métaux lourds indésirables. De
même, pourquoi interdire tous les produits phytosanitaires de synthèse
autorisés après de longues études toxicologiques
et bénéficiant d'autorisations de mise sur le marché
et autoriser diverses substances naturelles dont l'innocuité n'a
pas été démontrée et pour lesquels une AMM
n'est pas exigée (comme pour les médicaments homéopathiques)
? De plus, le recours aux pesticides de synthèse fait l'objet de
dérogations prévues " en cas de nécessité
", cette nécessité étant établie, souvent
a priori, par l'organisme de contrôle. Il en est de même en
élevage pour les antibiotiques et autres médicaments vétérinaires.
Malgré les réserves précédentes sur la liste
des substances interdites, la plupart des pratiques AB sont respectables
et méritent d'être encouragées si l'on ne cherche
pas à augmenter les rendements : rotation des cultures, associations
d'espèces et variétés moins exigeantes en engrais
ou plus résistantes aux maladies, entretien de la matière
organique du sol, recours maximum à l'herbe pour l'alimentation
animale. Mais tout cela peut fort bien être fait en renonçant
à certains interdits dogmatiques !
NN : S'agit-il d'un mode de production réellement respectueux
de l'environnement ?
L.G. : La limitation des rendements et de l'usage d'intrants chimiques
et la promotion de l'élevage extensif sont incontestablement des
facteurs favorables à la protection de l'environnement. La pollution
des eaux de surface par les nitrates et les phosphates provenant surtout
des lisiers peut ainsi être réduite. Cela n'est pas toujours
le cas avec les pratiques intensives, et il faut reconnaître à
l'agriculture biologique le mérite d'avoir contribué à
tirer la sonnette d'alarme pour limiter certains excès. Certains
produits phytosanitaires largement utilisés en AB, comme le soufre
et le cuivre, peuvent cependant avoir des effets néfastes sur l'environnement
et la mesure de ces conséquences n'est pas prévue dans la
réglementation. De plus, d'autres formes d'agriculture, comme l'agriculture
raisonnée ou durable, permettent aussi de préserver l'environnement
sans renoncer aux bases rationnelles de la production végétale
ou animale, sans baisser les rendements, sans augmenter les coûts
de production, et donc les prix de vente. Le respect de l'environnement
devrait être la principale, sinon la seule, revendication de l'agriculture
biologique : ce qui est le cas dans les pays anglo-saxons, mais pas en
France !
NN : Les aliments Bio sont-ils meilleurs d'un point de vue nutritionnel
?
L.G. : Je répète que l'agriculture biologique n'a
qu'une obligation de moyens, mais pas de résultat, concernant les
qualités organoleptique, nutritionnelle ou sanitaire des aliments.
La réglementation européenne précise bien que toute
allégation sur ces critères dans la publicité ou
l'étiquetage est interdite. Il s'agit bien pourtant de la principale
motivation d'achat en France, mais pas ailleurs ! Les consommateurs sont
au moins persuadés que les aliments Bio sont plus riches en oligoéléments
et vitamines, et donc meilleurs pour leur santé. C'est à
cette question qu'a voulu répondre un important rapport de l'Afssa
publié en 2003 intitulé " Evaluation nutritionnelle
et sanitaire des aliments issus de l'agriculture biologique ". Le
groupe de travail a examiné tous les travaux publiés sur
ce sujet, soit près de 300 références, et a fourni
des conclusions claires, même s'il a fallu y apporter quelques nuances
pour satisfaire les représentants de la filière bio, majoritaires
en nombre. Beaucoup d'études ont été rejetées
car elles ne réunissaient pas un minimum de critères d'inclusion
ou ne permettaient pas une interprétation statistique. A défaut
de résultats analytiques, une démarche déductive
a été utilisée dans la mesure où les facteurs
de variation de la composition chimique des produits sont bien connus.
Ces facteurs sont principalement la variété, le stade de
développement, la saison et le climat pour les plantes, et la race,
l'âge et le degré d'engraissement pour les animaux. On ne
peut donc comparer que ce qui est comparable. Par exemple, comparer un
poulet " industriel " de 40 jours à un poulet Bio de
80 jours n'a pas de sens, car le niveau d'engraissement est très
différent. Il faudrait comparer le poulet Bio à un poulet
labellisé de même âge et ayant eu accès à
un parcours extérieur ! De façon générale,
il n'y pas de différences significatives et reproductibles entre
les compositions chimiques des aliments Bio ou conventionnels issus des
mêmes variétés ou races et à des stades de
récolte ou d'abattage comparables. Quelques petites différences,
observées dans certaines études pour les teneurs en matière
sèche, en magnésium ou en polyphénols en faveur de
certains légumes Bio pourraient provenir du stade de maturité
à la récolte. Aucune autre différence n'a été
constatée pour les autres constituants, notamment les minéraux,
oligoéléments et vitamines dans les légumes et les
fruits. La composition des grains et graines est quasi constante et peu
influencée par les facteurs de production. Le blé AB est
en général plus pauvre en protéines, ce qui pose
des problèmes de panification. Les teneurs en minéraux du
pain ne dépendent que du taux de blutage de la farine, c'est-à-dire
de sa teneur en son, mais pas du mode de production du blé. Les
produits animaux AB diffèrent peu des produits comparables de l'élevage
conventionnel. En effet, les principaux aliments utilisés sont
les mêmes (fourrages frais ou conservés, céréales,
tourteaux, compléments minéraux et vitaminiques). Quelques
différences constatées pour l'adiposité de la viande
et son profil en acides gras résultent simplement de la plus faible
vitesse de croissance, de l'activité physique et de l'accès
à un parcours extérieur, notamment au pâturage. L'élevage
plus extensif en mode conventionnel donnerait les mêmes résultats.
Il en est de même pour le lait, dont seule la consommation d'herbe
peut faire varier quelques constituants comme les acides gras insaturés,
et pour l'uf, dont la composition ne varie pas sauf aussi pour certains
acides gras. C'est sans doute difficile à admettre, mais la valeur
nutritive des ufs d'élevage " industriel " est
aussi bonne que celle des ufs Bio ! Et même s'il y avait quelques
différences non négligeables sur un petit nombre de constituants,
il est évident que, dans le cadre d'un régime alimentaire
global, leur impact serait insignifiant, même pour le consommateur
(considéré régulier) de 6 produits Bio par semaine
!
NN : Et d'un point de vue santé ?
L.G. : Le principal avantage allégué pour les légumes
et fruits AB réside dans leurs moindres teneurs en nitrates et
en résidus de pesticides. Le problème des nitrates ne concerne
que certains légumes, mais pas les fruits. Leur teneur dépend
de multiples facteurs (ensoleillement, température
) et pas
seulement de l'apport d'engrais azotés solubles, ce qui peut aussi
concerner des engrais minéraux organiques comme la farine de sang
utilisée en maraîchage. Il est vrai que les légumes
Bio ont tendance à être plus pauvres en nitrates, mais ce
n'est pas la règle. De plus, la probabilité de réduction
en nitrites et encore plus de transformation en nitrosamines cancérigènes
dans l'intestin est faible. Les nitrates ne constituent un risque pour
la santé que chez les nourrissons. La limite de 50 mg de nitrates
par litre d'eau est une norme environnementale et non pas sanitaire, et
elle a été relevée à 100 mg par litre dans
l'eau de boisson provenant de sources. Les pesticides de synthèse
sont interdits en AB et ne laissent donc pas de résidus. Cependant,
le caractère naturel des pesticides autorisés en AB, comme
les pyréthrines et la roténone, dont l'évaluation
toxicologique n'a pas été faite, n'exclut pas leur toxicité
potentielle pour l'homme. Des enquêtes de la DGCCRF sur les résidus
de pesticides dans les fruits et légumes n'en détectent
pas dans environ la moitié des échantillons et trouvent
des traces supérieures à la LMR (limite maximale de résidus)
dans moins de 5 % en moyenne ces dernières années. Il faut
savoir que le dépassement ponctuel de la LMR ne veut pas dire risque
pour le consommateur, compte tenu de l'énorme marge de sécurité
utilisée, et surtout du fait que les analyses portent sur des échantillons
bruts, non lavés, non épluchés, non cuits. L'exposition
aux pesticides ne semble importante que pour les agriculteurs lors de
l'épandage. Quant aux contaminants chimiques, il importe d'abord
d'insister sur le fait qu'il n'y pas de résidus d'engrais dans
les végétaux, que les engrais sont des aliments de la plante,
fournissant des éléments nutritifs, à ne pas confondre
avec les pesticides (herbicides, insecticides, fongicides), qui sont des
médicaments. Les contaminants chimiques provenant des retombées
atmosphériques (plomb, dioxines, radionucléides
) présentent
un risque plus élevé dans le cas des produits animaux Bio
comme pour tous les aliments issus d'élevage en plein air et notamment
du pâturage. Il ne faut évidemment pas exagérer ce
risque, qui reste très faible par rapport à celui de l'exposition
aux milliers de contaminants chimiques de notre environnement quotidien
et domestique, récemment stigmatisés par le Projet européen
" Reach ". L'aliment brut, non traité, tel que fourni
par l'agriculteur, ne peut être le principal responsable de l'exposition
du consommateur à un risque chimique non acceptable. Il reste la
question sensible des mycotoxines cancérigènes, métabolites
secondaires de moisissures, qui est un réel sujet de préoccupation
sanitaire, notamment dans le cas des farines de céréales.
Il serait logique que l'absence de traitement fongicide conduise à
des teneurs plus élevées dans les céréales
bio, mais ce n'est pas toujours le cas, même si de fortes contaminations
ont été relevées. Une forte diminution des taux de
mycotoxines a été observée dans du maïs transgénique
Bt résistant à deux insectes foreurs, la pyrale et la sésamie.
C'est donc tout bénéfice pour le consommateur : moins de
résidus de pesticides et moins de mycotoxines. Mais les OGM sont
interdits en AB, même si ce maïs est obtenu par transfert d'un
gène d'une bactérie du sol, Bacillus thuriengensis, figurant
dans la liste des pesticides autorisés en agriculture biologique
! D'autres toxines peuvent provenir des engrais organiques utilisés
en AB (fumier, compost) qui, au moins sur ce plan, ne présentent
pas l'avantage de la pureté des engrais minéraux. Enfin,
pour terminer ce tour des problèmes, il faut évoquer les
contaminations bactériennes, virales et parasitaires, pour lesquelles
la probabilité d'exposition est bien plus importante pour les cultures
au champ (par rapport à sous serre) et l'élevage en plein
air (au lieu du confinement). Mais comment faire croire au consommateur
que les ufs de poules d'élevage intensif en batterie, à
coquille propre et rapidement emballés et commercialisés
après la ponte, sont plus sains (par exemple pour le risque de
contamination par les salmonelles) que les ufs Bio ?
NN : Quel avenir pour l'agriculture biologique ?
L.G. : L'expansion de l'agriculture biologique continuera tant
qu'elle sera encouragée et soutenue au moyen de subventions par
les pouvoirs publics et qu'elle trouvera un marché lui permettant
d'écouler ses produits à un prix plus élevé,
ce qui est logique puisque les coûts de production sont aussi plus
élevés. Autrement dit, tant que ce mode de production assurera
un revenu décent à l'agriculteur. Actuellement, l'agriculture
biologique couvre en France moins de 2 % de la superficie agricole et
les produits AB représentent moins de 1,5 % des aliments consommés,
dont une bonne part est importée. Une enquête CSA/Agence
Bio avait ainsi été traduite en 2006 par un journal : "
Près d'un Français sur deux mange Bio ". En fait, l'étude
montrait que " 47 %des Français ont consommé au moins
un produit Bio au moins une fois par mois en 2005 ", ce qui est très
différent ! En réalité, 5 à 6 % des Français
sont des consommateurs réguliers (au moins 6 produits par semaine),
mais pas exclusifs, d'aliments bio. Il y a donc encore une bonne marge
de développement et il est probable que la demande augmentera,
surtout si le consommateur persiste à croire, à tort, que
c'est meilleur pour sa santé ! Cependant, le prix plus élevé
- de 20 à 50 % - des aliments Bio sera un frein à l'achat
et limitera donc le Bio à une alimentation " de classe ",
ce qui est socialement discutable. De plus, la généralisation
de l'agriculture biologique n'est ni possible, ni souhaitable, car ce
mode de production ne peut pas être durable partout et sur le long
terme. En effet, un système autarcique ne peut pas permettre de
maintenir à long terme la fertilité des terres, qui dépend
de la restitution au sol, par des engrais importés, des éléments
minéraux exportés par les récoltes. Le maintien de
la fertilité des sols en AB ne peut être assuré que
par les apports végétaux ou animaux (déjections)
provenant d'exploitations qui utilisent des engrais ou qui importent des
aliments pour animaux (céréales, tourteaux, phosphates
).
Et que se passerait-il si l'agriculture conventionnelle (98 %) renonçait
aux traitements phytosanitaires? Comme il y a un demi-siècle, on
assisterait à des invasions incontrôlables d'insectes ravageurs
et parasites divers. L'agriculture biologique ne pourra donc être
durable qu'en étant pratiquée par une minorité, c'est-à-dire
rester limitée à une production " de niche " comme
à une consommation " de classe". Enfin, pour nourrir
bientôt 9 milliards d'habitants, dont la demande en produits animaux
plus exigeants en surface agricole augmentera avec le pouvoir d'achat,
il ne peut être question de diminuer la productivité de l'agriculture,
surtout si la production d'agrocarburants doit concurrencer la production
alimentaire et si l'on souhaite mettre un frein à la déforestation
de certaines régions du monde.
Contrôles et logo
Pour obtenir l'agrément AB, une exploitation doit attendre une
période de reconversion de 2 ou 3 années. Le contrôle
du respect du cahier des charges, assez contraignant, est ensuite assuré
par un organisme certificateur agréé et accrédité,
qui délivre la marque AB ou " issu de l'agriculture biologique
", propriété exclusive du ministère français
en charge de l'agriculture. Ce logo garantit un aliment composé
d'au moins 95 % d'ingrédients issus du mode de production biologique,
sous les conditions réglementaires et de contrôle requises.
Les 5 % non-bio comprennent, comme les aliments conventionnels, des additifs
à but nutritionnel et des auxiliaires technologiques figurant dans
une liste positive d'une soixantaine de substances. Cependant, il suffit
qu'au moins 70 % des ingrédients soient Bio pour qu'il soit possible
de faire référence à leur origine AB sur l'étiquette*.
* Il s'agit là de l'une des ambiguïtés des garanties
offertes, à laquelle s'ajoute la difficulté de vérifier
rigoureusement le suivi de cahiers des charges complexes et assortis d'autant
de dérogations, avec un minimum d'un seul contrôle annuel
par un organisme accrédité et compétent, mais payé
par l'exploitant contrôlé
Il est vrai qu'il s'agit
d'une démarche volontaire basée sur la confiance, assurant
une obligation de moyens mais pas de résultat.
|