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Chef-lieu du département de l'Isère
La capitale des Alpes va investir 5,5 M€ dans une nouvelle cuisine
centrale. Quelque 2275 m2* vont être élevés à
proximité immédiate du marché au gros (MIN) de Grenoble.
Un ultime engagement pour plus de qualité !
230 kg de salades vertes et 650 kg de tomates, 730 kg de rôti et
780 kg de sauté, 900 kg de légumes verts et 340 kg de pâtes,
450 kg de fromages,250 boîtes de 5 kg de fruits au sirop
La
cuisine centrale de Grenoble a grand appétit! Voilà en effet
ce dont elle a besoin sur une journée pour réaliser 7 600
repas, soit 6 300 pour les scolaires, 1200 pour les personnes âgées
et 100 pour les espaces petite enfance. 45 salariés s'activent
en production du lundi au vendredi, de 6 heures à 15 heures "Ce
n'est pas moins de 15 à 16 préparations différentes
qu'il nous faut confectionner chaque jour " souligne Christian Chedru,
directeur adjoint de la restauration municipale. Pour les 54 restaurants
scolaires servis en liaison froide, les menus et leurs 5 composantes élaborés
par Annabelle Gougaut, diététicienne de la ville, sont validés
entre deux périodes de vacances scolaires par une commission réunissant
un médecin scolaire, les fédérations de parents d'élèves
et des parents délégués.

© CC - NATHALIE RUFFIER
Réorganisation et qualification
" On a fait beaucoup d'effort en matière de qualité
" se félicite Jean- Marc Cantèle, l'élu de la
ville chargé de l'éducation et de la restauration municipale.
Depuis son arrivée en 2001, la restauration municipale a en effet
beaucoup bougé. La ville disposait alors d'une cuisine pour les
personnes âgées (Jean Bart), et d'une seconde pour les scolaires
(La Bruyère). La première, plutôt vétuste,
a été fermée, le personnel regroupé sur La
Bruyère et une diététicienne recrutée par
la ville. Et depuis 2 ans, Christian Chedru, ex Sodexho, manage l'équipe.
Réorganisation, augmentation des qualifications du personnel, informatisation
des fiches recettes, mise en place d'indices de qualité
Rien
n'est laissé au hasard. "Mesuré depuis septembre 2006,
l'indice moyen de satisfaction de nos convives âgés est de
90 %, celui des scolaires est de 85 % " illustre Christian Chedru.Autre
priorité : la qualité des produits cuisinés qu'il
s'agisse de viande (de 1re catégorie, label rouge bio pour le poulet,
race bouchère d'origine française pour le buf), de
poissons (sans arête), de fruits et légumes
L'achat
des matières premières est pour l'heure toujours confié
à Sodexho.
Plus de Bio
" Depuis deux ans, nous multiplions les aliments bio en programmant
régulièrement un repas bio et en introduisant deux composantes
bio par semaine " illustre Annabelle Gougaut. Tout est également
prétexte à manger mieux et l'expliquer. Les restaurants
scolaires participent à la Semaine du goût ou à la
semaine Fraich'Attitude en faveur des fruits et légumes, proposent
des petits déjeuners sportifs avant les sorties de ski
Et
ces initiatives font l'objet d'articles accompagnant la présentation
des menus sur six semaines envoyée aux parents. Une même
attention est évidemment portée aux personnes âgées
à qui l'on offre le choix entre deux plats de résistance
depuis septembre 2006, et aux tout petits, pour qui la cuisine centrale
travaille depuis un an seulement. " Goutez-moi ces confits de canard.Nous
testons une recette car il s'agit pour nous de vraiment régaler
petits et grands " nous souffle Christian Chedru lors de notre rencontre.
Dans quelques mois, son équipe bénéficiera d'une
nouvelle cuisine à quelques encablures de là.Un pas de plus
vers la qualité pour ses " clients ", mais également
une vraie qualité de travail offert aux salariés !
* Surface hors uvre brute, SHOB
La ville de Grenoble régale aussi les moins
de 3 ans !
Scolaires et personnes âgées ne sont plus les seuls "
clients " de la cuisine centrale de Grenoble. La structure municipale
concocte des repas pour les tout petits depuis septembre 2006. De deux
espaces petite enfance servis en liaison froide l'an dernier, la ville
passe à six. Et ce n'est qu'un début

© CC - NATHALIE RUFFIER
Aujourd'hui, c'est haricots verts et poisson. Chacun mange à son
rythme, le poisson d'abord, ou les deux ensemble
Chérine, Eliana, Yanis ou Alexandre ont pris un peu d'avance
Le nouvel espace petite enfance les Frênes qui les accueille leur
sert des plats mitonnés par la cuisine centrale de la ville : rôti
de veau au thym et haricots verts beurre ou filet de hoki sauce citron
et riz créole
Le menu comporte trois composantes pour les
moins de 18 mois (viande-poisson ou uf + purée de légumes,
puis produit laitier en dessert). " Le légume est mixé
sur place " insiste Annabelle Gougaut, diététicienne
de la ville de Grenoble. Les 18-36 mois bénéficient d'une
composante supplémentaire (une entrée ou un second dessert).
"Mais les occasionnels apportent leur repas " précise
Anne-Marie Badet, directrice des Frênes.Tous sont bien sûr
servis en même temps, mais dans 2 espaces différents et sur
de petites tables. " Les enfants ont besoin de calme pendant le repas.
Chaque table a son éducatrice, assise et à l'écoute.
Le repas offre un temps d'échanges et de relationnel fort "
souligne la responsable. " Et nous prenons soin de servir les plats
sur des assiettes à compartiments pour aider les enfants à
distinguer les goûts " ajoute Marie, l'une des permanentes.Une
autre structure proche,Les petits Arlequins, bénéficie depuis
un an de ce même service en liaison froide.Et depuis septembre,
quatre autres espaces petite enfance grenoblois sont également
servis par la cuisine centrale de la ville : Chapi Chapo, 3 Pom, Abbaye
et Bizanet.
La qualité de l'accueil des enfants d'abord
" Résultat, nous sommes passés en un an de 30 à
100 repas par jour. Mais cela reste peu face aux 7500 repas que nous confectionnons
chaque jour pour les scolaires et les personnes âgées "
souligne Christian Chédru, directeur adjoint de la restauration
municipale. Après une première convention pour la restauration
des personnes âgées, la signature, en 2006, d'une seconde
convention pour les tout jeunes enfants marque la pleine confiance qu'accorde
le C.C.A.S., gestionnaire des structures " personnes âgées
" et " petite enfance " de Grenoble, à la cuisine
municipale. Fin 2008, cinq autres équipements petite enfance devraient
bénéficier de ce service, soit au total 11 structures pour
195 repas journaliers. " Et à cela peut aussi s'ajouter de
l'occasionnel, comme cette quarantaine de repas servis à trois
équipements petite enfance pendant 2 semaines en juillet dernier
" glisse Christian Chédru. Pas question pour l'heure de faire
basculer l'ensemble des 30 équipements de petite enfance de Grenoble
sur ce système de liaison froide. Certains ont cuisine et professionnels
attitrés. " Mais nous avons du mal a trouver des espaces pour
l'accueil des tout jeunes grenoblois. Aussi avons-nous choisi, sur ces
espaces, de donner la priorité aux enfants. Nos futurs équipements
n'auront plus leur propre cuisinier, mais seront servis par la cuisine
centrale de la ville. Et ce principe vaut déjà pour les
structures où nous devrions engager des investissements de remise
aux normes hygiène et sécurité " explique Chantal
Royer, adjointe au directeur petite enfance du C.C.A.S. de Grenoble.
Dialogue et diététique
" Si nous y gagnons en hygiène et sécurité,
et en espace pour les enfants, le choix de cette restauration collective
nous supprime bien sûr quelques souplesses. Sur le choix des plats
notamment, j'aimerais qu'il y ait aussi des pizzas, des quiches
" suggère Anne-Marie Bardet. Certains enfants, à l'instar
d'Aicha, peinent à manger des légumes. " Ce n'est peut-être
pas dans leurs habitudes alimentaires. Nous nous sommes beaucoup interrogés
sur la démarche à adopter. Mais devant les hauts le cur
systématiques d'Aicha, nous avons décidé de lui en
servir sans la forcer à les manger " explique Marie, assise
à la table de cette fillette de 3 ans. Les haricots verts beurre
du jour sont en effet toujours dans l'assiette lorsque la tartine de fromage
est servie. Et ils y resteront
" Pour elle, nous faisons une
exception à la règle que nous nous sommes fixée:
attendre que tous les enfants aient fini un plat avant d'en servir un
autre " précise Marie. Une réflexion sur la composition
de ces menus a été engagée entre la diététicienne
et les directrices de ces espaces petite enfance. " Nous avons choisi
de ne pas répondre à la demande de viande halal de certains
établissements afin de rester dans le cadre strict du service public
laïc. Mais nous avons mis la priorité sur le poisson et les
ufs pour apporter une réponse à la demande des familles
" illustre Christian Chédru. Ces jeunes enfants bénéficient
bien sûr des orientations alimentaires de la cuisine centrale (viande
de première catégorie, aliments bio
) et du souci d'équilibre
alimentaire porté par la diététicienne. " La
lutte contre l'obésité et les mauvaises habitudes alimentaires
doit commencer dès le plus jeune âge " conclut Annabelle
Gougaut.
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