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Parc régional naturel du Vercors
Depuis un an, Christophe Manceau, du Café Brochier de Saint-Julien-en-Vercors
régale quelque 25 enfants scolarisés à l'école
primaire Saint-Martin-en-Vercors. Du local et du bio à 90 %. Un
choix intercommunal apprécié des écoliers !

© CC - NATHALIE RUFFIER
L'an dernier, la cantine intercommunale de Saint-Julien et de Saint-Martin-en-Vercors
accueillait une moyenne de 16 enfants à midi. Cette année,
ils sont plutôt 25. " Nous sommes même montés
à 51 pour le repas de Noël " se félicite Marianne
Boiron, responsable de la garde périscolaire. Nul doute, l'initiative
des deux communes a changé la vie (et l'assiette) de Renaud, Emeline,
Louis ou Isaline
Finis les plats préparés et amenés
tous les jours en barquettes plastiques depuis Romans. Tout est désormais
mitonné à trois kilomètres de la cantine, dans la
cuisine de Christophe Manceau, repreneur, voilà deux ans, du Café
Brochier. "La proposition qu'il a faite aux communes lorsqu'elles
ont choisi de changer de prestataire dépassait l'objectif de départ,
à savoir manger local. Car Christophe concocte des plats à
90% bio " détaille Marianne Boiron. Les enfants retrouvent
en effet dans leur assiette des produits du Vercors comme la viande de
la Ferme des Colibris ou les fromages d'Aymeric Arnaud et de Daniel Vignon,
mais aussi des produits Relais Vert qui livre La Sapinaire, le magasin
bio de Saint-Martin
Le tout concocté avec passion par ce
chef qui a travaillé (entre autre) au Georges Vde Paris avant de
s'installer dans le Vercors drômois. " Je l'ai proposé
par conviction personnelle, à prix coûtant, ne comprenant
pas que ces enfants du Vercors ne retrouvent pas dans leur assiette des
produits locaux et frais " résume le chef.
De la qualité à prix coûtant
Déjà équipé d'une cellule de refroidissement
pour sa bonne table (24 couverts), ouverte toute la semaine, hors mardi
soir et jeudi, et préalablement accompagné par une diététicienne
missionnée par le Parc naturel régional du Vercors*, Christophe
Manceau était fin prêt à démarrer l'expérience
en septembre 2007. L'essai est depuis largement transformé. Les
enfants apprécient ses hamburgers maison comme son buf carotte
! " Avant, la viande était plus grasse et il fallait appuyer
comme un malade pour la couper, résume Renaud (CM2), qui regrette
déjà d'aller au collège. Je n'aurais pu en profiter
qu'un an ! ".Christophe Manceau leur aura aussi fait apprécier,
le vendredi, les plats de poisson qu'il affectionne tout particulièrement,
comme ce saumon qu'il fait lui-même fumé ! " Sur une
semaine, j'alterne bien sûr entre volaille, viande grillée,
viande en sauce et poisson, et entre légumes et féculents
" détaille le chef. Cette cantine, c'est un peu Le Café
Brochier des enfants, à un prix très raisonnable. "
Je touche 3,67 € par repas. A ce prix-là, on ne peut pas dire
que je pérennise mon affaire. Je le fais vraiment pour les enfants
" insiste Christophe Manceau. L'expérience éveille
la curiosité. " Des communes voisines, comme Rencurel et Saint-
Agnan, sont venues se renseigner sur notre manière de fonctionner
ou sur les tarifs " témoigne Marianne Boiron. Question prix,
le changement de prestataire a eu peu de répercussion pour les
familles. Vendu à 4,30€en 2006/2007, le ticket repas est passé
à 4,70€ à la rentrée 2007/2008. Et le système
de réservation a gardé toute sa souplesse, soit au minimum
48 heures avant le repas pris. L'enfant le paie le jour même avec
un ticket préalablement acheté à la mairie de Saint-Martin.
Mais ici, bien se nourrir, c'est aussi respecter la nourriture. "
Je n'aime pas bien le bleu, mais j'en mange un peu parce qu'il faut goûter
à tout " explique spontanément Noréa (CMI) lors
de notre reportage. Une quinzaine d'élèves a également
suivi un atelier sur l'alimentation bio pendant le temps périscolaire
(lire ci-dessous). Ce qui a fait, là aussi, des jaloux !
*Dans le cadre du programme européen Alimentation, santé
et territoire.
Une démarche alimentaire et éducative
Manger mieux, c'est bien, mais encore faut-il comprendre pourquoi et comment?
" Nos actions d'éducation à l'environnement et au territoire
tombaient à point nommé pour mieux expliquer aux enfants
de Saint-Julien et de Saint-Martin l'importance de ce changement de cantine
et ce choix d'alimentation locale et bio " souligne Emilie Guérin,
du Centre permanent d'initiation à l'environnement (CPIE - Parc
régional naturel du Vercors). D'octobre 2007 à mai 2008,
la jeune femme a effectivement aidé Marianne Boiron dans ce travail
d'explication. Cinq séances d'animation ont été organisées
pendant le temps de périscolaire. " Ces ateliers se voulaient
avant tout ludiques car il n'est pas toujours simple d'appréhender
le circuit de production bio lorsque l'on a entre 4 et 10 ans " assure
Emilie Guérin. Mais chasse au trésor, déguisement
en fruits et légumes ou jeux de cartes les ont aidé à
comprendre. Et le spectacle programmé la dernière séance,
" Salsifis au pays des Grasses Fignasses ", de la compagnie
Les Arts Verts, les a emballé !
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