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Cuisine centrale de Nantes (44)
Servir 12 000 repas/jour avec des produits bio et locaux, ce n'est
pas facile mais possible ! Les responsables de la cuisine centrale de
Nantes ont élaboré des solutions et réussissent à
vaincre les difficultés d'approvisionnement dans une logique de
développement durable.

© CC - LAURENT TERRASSON
Certains trouvent la circulaire du Grenelle de l'environnement trop ambitieuse,
quant aux quantités (20 %), et aux délais (2012). "
Trop compliqué le bio dans un restaurant collectif
"
Pas pour tout le monde apparemment. Le maire de Barjac et ses élus
se sont lancés dans le challenge - 250 repas/jour en bio - et ça
marche ! L'histoire n'est pas la même à Nantes avec 12 000
repas/jour distribués dans 90 établissements scolaires de
l'agglomération
Pour s'approcher au plus près des
objectifs du Grenelle de l'environnement, Patrick Offertelli, directeur
de la cuisine centrale, a dû chercher et développer des solutions
particulières, en tissant des liens avec des producteurs locaux,
en travaillant avec des associations, sur les questions du développement
durable et des achats éco-responsables.
Une année de transition
Ce directeur enthousiaste, a su trouver des fournisseurs adéquats
grâce à Interbio Pays-de-Loire, le RGO, un réseau
grand ouest de professionnel, et surtout au GAP44. Mais une fois ceux-ci
trouvés, le travail ne fait que commencer : " Avec 12 000
repas/jour, nous devons travailler en amont, être attentifs à
la saisonnalité
, insiste Patrick Offertelli. Nous devons
anticiper les productions, évaluer les quantités en fonction
des produits, et des surcoûts. Par exemple, nous avions trouvé
un producteur de filets de dinde bio qui, 3 jours avant la livraison,
ne put plus livrer les 12 000 pièces
Nous avons décidé
de travailler par famille de produits, en particulier pour les entrées
et les desserts
Le récent relèvement du seuil d'achat
hors marché public nous facilite cette démarche, même
si elle est plus contraignante, elle est plus intéressante. "
Les coûts
A la cuisine centrale les achats alimentaires représentent 3 millions
d'euros à l'année, et toute variation de prix se ressent
inévitablement. " Nous avons constaté que l'achat de
viande bio entraîne des surcoûts de 50 %
Nous sommes
donc contraints de faire des choix et de nous orienter vers des achats
moins coûteux, les carottes, les choux blancs, les choux rouges.
Une partie des yaourts provient de productions biologiques, même
si le surcoût représente plus de 10 000 euros
"
Pour ces yaourts, les doses sont passées de 125 g à 100
g, car " la diététicienne estimait que les quantités
et la valeur nutritionnelle suffisaient. "
L'aménagement
Il a fallu associer le personnel à la démarche. " Nous
avons adapté le travail des agents avec les intervenants extérieurs.
Cette cuisine centrale a été conçue pour travailler
essentiellement des produits de 4e et 5e gammes. Il n'y a pas de légumerie,
nous avons donc demandé au producteur de carottes bio, de trouver
un moyen pour nous livrer directement des carottes râpées
" Autre changement : dans les restaurants scolaires, le personnel
de service sert les yaourts livrés en pots de 5 kg, à la
louche. Parfois, ceux-ci ont besoin de faire l'appoint en fin de service.
Conséquence, le producteur de yaourt doit aussi livrer quelques
pots de 500 g
Malgré toutes ces adaptations, Patrick Offertelli
reste convaincu : " La restauration collective accompagne le développement
de l'agriculture biologique en France, car les quantités commandées
sont importantes et régulières, les contrats d'approvisionnements
pluriannuels. Grâce à la restauration collective, le bio
sera bientôt dans toutes les assiettes ! "
L'exemple parfait
La ferme des frères Péard à Saint-Omer de Blain,
à une trentaine de kilomètres, livre à la cuisine
centrale 1 300 kg de yaourt par mois, 400 kg en été. Cela
représente 20 % du chiffre d'affaires de la ferme. Ici, la visite
commence par les champs. On comprend alors mieux ce que le bio bouleverse
: " Notre père produisait 300 000 l de lait avec 35 hectares,
soit 10 000 l de lait par vache, qui ne résistaient qu'à
4 ou 5 lactations. Aujourd'hui, la ferme couvre 80 ha, et la production
de lait atteint 250 000 l de lait, pour 7 000 l de lait et 8 à
10 lactations par vache
" Et le fermier d'appeler chaque vache
par son prénom
" Des Montbéliardes car cette
race est rustique, plus résistante. Elles produisent un lait dont
le taux protéique est plus important. Nous avons aussi des Prim'
Holstein, la formule 1 de la lactation
Tout au long de l'année,
le lait n'est pas homogène. Il contient plus d'oméga 3 et
6 en particulier en été. Pour nous, la restauration collective
offre un réel débouché pour que le bio se développe
"
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