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La dénutrition protéino-énergétique est une
pathologie fréquente dans la maladie d'Alzheimer. À l'occasion
du MEDEC, Catherine Clément, diététicienne au CHU
de Rennes et membre de l'AFDN (Association Française des Diététiciens
Nutritionnistes) explique comment prévenir et prendre en charge
la dénutrition chez ces patients en adaptant l'alimentation de
manière personnalisée. Elle souligne le rôle clé
des aidants et la nécessité de les faire bénéficier
d'une formation à la nutrition.
Un moment essentiel: la consultation diététique
Dans le cas de la maladie d'Alzheimer la dénutrition protéino-énergétique
est un état pathologique qui concerne de nombreux patients, 30
à 40% à tous les stades de la maladie. Elle s'explique en
partie par l'augmentation des dépenses caloriques en raison d'une
déambulation fréquente et surtout par la diminution des
apports nutritionnels.
Au cours de la consultation diététique, de nombreux thèmes
sont abordés (équivalences nutritionnelles, textures des
repas, idées reçues, méconnaissance des besoins
).
Le diététicien va apprécier les apports journaliers
sur le plan calorique mais aussi l'équilibre alimentaire (présence
des 5 groupes d'aliments). " Pour évaluer le risque de dénutrition,
ce recueil doit être aussi précis que possible et le rôle
de l'aidant est fondamental " explique Catherine Clément.
L'aidant est quelqu'un qui connaît très bien le patient et
ses habitudes car il le suit au quotidien à domicile (conjoint,
aide ménagère
) ou en structure (infirmière,
aide soignante
). Cet entretien est également l'occasion d'informer,
de rassurer, de déculpabiliser et de valoriser les aidants ".
La maladie modifie le rapport à la nourriture
Il existe de nombreuses raisons à la diminution des apports caloriques.
La première est le fait que souvent les patients ne pensent plus
à manger ou oublient qu'ils n'ont pas mangé. En cause également
l'anorexie engendrée par la dépression, la texture des aliments
qui n'est plus adaptée en raison des difficultés à
mâcher. Sans oublier les médicaments qui modifient le goût,
les régimes abusifs en cas de tendance au surpoids ou au diabète
qui vont majorer le risque de dénutrition.
A côté des apports en calories souvent trop bas, une consommation
insuffisante en protéines est fréquente car, par méconnaissance
des besoins, les personnes âgées consomment moins de viande
et le soir se contentent trop souvent d'un potage et d'un yaourt. "
Les aidants doivent être vigilants sur la manière dont les
sujets atteints de maladie d'Alzheimer se nourrissent et prendre en compte
tout changement du comportement alimentaire, le suivi du poids est primordial"
explique Catherine Clément.
Former les aidants pour un accompagnement optimal
Les diététiciens vont donner des conseils pratiques et individualisés
en fonction du contexte. Ainsi, pour avoir des apports protéiques
adéquats, l'absence de viande doit être compensée
par des produits lactés (fromages, laits, yaourts
). Il faut
combattre l'idée reçue qu'à 80 ans il ne faut toujours
pas manger gras et sucré pour prévenir l'apparition éventuelle
d'un diabète !. Une alimentation équilibrée et adaptée
aux besoins est un atout indispensable dans l'évolution de la maladie
d'Alzheimer
Selon Catherine Clément, " les aidants sont des partenaires
à privilégier pour un accompagnement optimal. Il faut donc
les former en particulier dans le domaine de l'alimentation ".
La prise en charge nutritionnelle sera d'autant plus efficace qu'elle
sera personnalisée en fonctions des goûts et habitudes des
patients, et de la disponibilité de l'aidant. Cette réflexion
sur le thème de la nutrition et de la maladie d'Alzheimer, permet
de souligner, une fois de plus, le rôle primordial du diététicien
et de l'éducation nutritionnelle, mais également celui de
l'aidant accompagnant le patient atteint de la maladie d'Alzheimer.
Les symptômes qui doivent alerter l'entourage :
- Modification du comportement alimentaire : plats non finis surtout plat
de résistance, anorexie sélective et dégoût
pour les plats salés (viandes en particulier) mais attirance pour
les produits sucrés
- Signes de perte de poids : alliance qui tombe, vêtements trop
grands, dentier mal adapté
Penser à peser régulièrement
les patients
- Déambulation fréquente qui va augmenter les dépenses
énergétiques
MEDEC 2009 : Catherine Clément animera un atelier, parrainé
par l'AFDN, sur le thème Alzheimer et dénutrition, le jeudi
12 mars de 10h à 11h.Inscriptions sur le site du MEDEC.
Depuis octobre 2008 l'ADLF (Association des Diététiciens
de Langue Française) est devenue l'AFDN, Association Française
des Diététiciens Nutritionnistes. Le terme "nutritionniste",
n'étant à ce jour qu'un qualificatif, peut être utilisé
en accompagnement du titre de "diététicien", en
référence à l'Art.4371-2 du Code de la Santé
Publique.
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